Justice réparatrice (Dictionnaire personnel du féminisme)

La justice réparatrice consiste à diriger l’attention sur les personnes survivantes d’une agression ou infraction dans une perspective de résolution des problèmes et à favoriser une réparation auprès de la victime plutôt que la pénalisation carcérale, pécuniaire ou la réhabilitation de l’agresseur sans nécessairement exclure ces conséquences du processus.

L’approche se concentre sur l’aide aux victimes en prenant notamment en compte l’aspect émotif du crime et offre l’opportunité aux agresseurs de tenter de réparer leurs torts et de prendre conscience de leurs actes, approche que la justice pénale n’aborde pas assez (ou pas du tout) selon les partisans de la justice réparatrice.

Le féminisme est lié à la justice réparatrice pour plusieurs raisons (pas toutes mentionnées ici):
– Une observation est souvent émise quant au fait que la justice pénale n’aide pas les victimes d’agressions sexuelles et que les procédures sont souvent trop lourdes à supporter et ajoutent au mal qui est fait à la personne ayant été agressée.
– Une autre observation est celle du désir de changement de mentalité de l’agresseur qui est porté par la justice réparatrice et veut faire prendre conscience à celui-ci de son comportement. La justice réparatrice tend ainsi à diminuer le nombre de récidives, bien que l’attention soit vraiment portée sur la réparation des torts.
– Le système de justice étant issu d’un système patriarcal peut tendre à reproduire des comportements problématiques et amène à des peines plus sévères ou défavorise les personnes issus de milieux non-privilégiés, ethniques ou non-normatifs (entre-autres). Par exemple, des approches intersectionnelles démontrent que les personnes noires ont des peines de prison plus élevées que les personnes blanches pour une même infraction.
– Une dernière observation est celle que les peines pénales peuvent être considérées comme trop lourdes pour les agresseurs et la victime peut hésiter à vouloir se servir du système judiciaire lorsqu’elle connaît personnellement son agresseur. Ces derniers peuvent aussi être amenés à se voir comme les victimes du système pénal et n’auront pas tendance à changer leurs comportements pouvant, quelquefois, entraîner la récidive.

Le concept est très similaire à celui de justice transformatrice et peut, parfois, être interchangeable avec lui. L’emploi du terme de « justice restauratrice » est fautif (c’est un anglicisme, de restorative justice).


Voir aussi:
Justice transformatrice – Survivant·e – Victime

Lectures recommandées:
Commission du droit du Canada. De la justice réparatrice à la justice transformatrice.
Dennis Sullivan et Larry Tifft (éditeurs). Handbook of Restorative Justice.


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