Mini-critique: Inventaires de Stéphane Martelly

Couverture d'Inventaires

Inventaires est un recueil de poèmes qui pose la liste, le dénombrement ou l’état des lieux comme objet poétique. Sans jamais tomber dans l’énumération (à l’exception de «Dates»), on dresse des idées, objets, vers, phrase, l’une après l’autre, ainsi qu’une liste d’épicerie parfois, en une manière intéressante de trouver de la poésie dans des objets autrement banals. Dans «Liste d’épicerie» et «Addition», on énumère des aliments pour les mélanger avec des tâches «paquet sous le bras» et des réflexions sur le quotidien, sur la série qui n’a vraiment de sens que pour la poète et non le lecteur.

Dans «Dates», c’est une énumération d’années et de sensations par rapport à ces périodes. On lit la difficulté d’un va-et-vient entre deux pays (Haïti-Québec), on lit aussi l’expérience de la difficulté de l’immigration. Tout ça à travers seulement des dates et des sensations (généralement) décrites par un mot par vers énumérées une à la suite de l’autre.

Par Inventaires, ce n’est pas seulement plusieurs inventaires qui sont décrits, mais le recueil lui-même devient catalogue et les poèmes peuvent simplement évoquer la liste comme dans «Macro» qui ne contient qu’un seul vers, mais qui évoque tant d’autres phrases similaires en même temps que le lecteur doit s’imaginer afin d’y trouver la liste. Le procédé est relativement similaire à «Conversation mondaine» où on y trouve plutôt deux vers plutôt qu’un et qui requiert du lecteur d’énumérer les possibles derrière la conversation.

Finalement, le recueil s’inscrit dans une réalité concrète, pas seulement les années «2010-2015» comme indiqué dans le frontispice, mais une réalité spatiale nationale sous-entendue dans le texte. C’est aussi une liste de sentiments qu’on pourrait penser propres à l’auteur, mais qui se multiplient aussi à une partie du lectorat qui pourrait revoir ses propres pensées projetées dans le texte.

Inventaires est recherché dans son style et dans sa structure. Son écriture est simple, directe, voir banale, mais est tellement évocatrice que la simplicité n’est qu’un leurre, un déguisement de la complexité des possibles.

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