Recteur Breton : mode d’emploi – Le modèle

Le modèle

Guy Breton aime se hisser aux S/sommets qui se dressent devant lui, et c’est tout à son avantage et à celui de l’université. Il devrait cependant se garder de prendre les collines pour des montagnes et les escalader ainsi n’importe comment, et avec n’importe quel équipement!

Nous l’avons déjà mentionné ailleurs1, Breton ne prend que les modèles qui l’intéressent, soit le modèle nord-américain, voir un peu celui chinois, celui de la modulation au détriment d’autres qu’il délaisse à l’aide d’un seul argument généralement simplet et réducteur. En fait, ce qui l’intéresse surtout, c’est de former l’élite «En France, l’université est gratuite, mais dans les grandes écoles, qui sont les véritables lieux de formation de l’élite2», objectif louable en soit, mais qui se fait au détriment de l’éducation à tous les niveaux.

Notre propos veut cependant se recentrer sur la forme de modèle que l’université prend chez Breton. Pour lui, être un modèle, c’est se hisser au rang des palmarès. Nous citerons les nombreux rappels, insistances à laquelle Breton vante le mérite de se classer parmi les meilleures universités au monde, d’abord dans son carnet3, mais aussi dans les budgets de l’UdeM4 car, malgré son avertissement, «Car c’est la principale leçon de ces classements : la qualité de l’éducation est chose éminemment relative 5», on peut se demander s’il prend vraiment ses distances par rapport à la chose. Ces modèles sont là pour être surmontés, mais Breton le prend autrement, lorsqu’il compare l’Université de Montréal à celle de la Colombie-Britannique : « Je suis en compétition avec l’UBC [Université de la Colombie-Britannique] et j’ai 25 % de moins. Ce n’est pas vrai que je vais pouvoir continuer à avoir le même succès 6».

Se hisser au Sommet signifie aussi s’y hisser seul. Breton, au sommet de l’éducation n’était-il pas supposé représenter les valeurs universitaires en tant que recteur comme il l’annonçait dans La Presse, «Mais j’irai au Sommet principalement pour défendre la position de l’Université de Montréal sur les quatre thèmes proposés par le ministère.7» plutôt que de se dire «j’y contribuerai avec énergie pour défendre ma vision de l’enseignement supérieur et de la recherche au bénéfice de tout le Québec.8» au risque de parler de modulation tout le long. Ce sommet n’en était d’ailleurs pas uns diront beaucoup, dont Breton qui le qualifiait de «Salon des demandes juvéniles 9». Bref, en terme de modèle de respect, le recteur n’est pas à son meilleur lorsqu’il s’agit de proposer un véritable modèle, une voie à suivre puisqu’elle suit uniquement celle du budget et non de la qualité d’enseignement.

Voici d’ailleurs un échantillon de ce qu’est la qualité pour Breton dans une recherche du mot à travers tout ses billets de carnet (sont écartés les noms d’organisme comme le «Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur » ou l’occurrence du mot sans rapport avec l’université) :

– «Qu’est-ce que la productivité ? C’est produire un bien ou un service, de la meilleure qualité possible et au meilleur coût possible.10»,

– «la qualité de l’éducation est chose éminemment relative. 11»,

– «Je me réjouis de voir que la qualité des candidatures que nous recevons est en hausse.12»,

– «il manque 25 % de ressources financières, soit 200 millions de dollars, pour offrir la même qualité de services 13»

Pour un modèle de qualité, on a un modèle de qualité d’entreprise, pas d’université. Sans vraiment savoir de quoi il en retourne plus que cela.

4 Budget Udem 2013-2014, p.3

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