Qui ai-je lu, et dans quelles proportions, en 2018?

Présentation du projet

Je suis déjà sensibilisé· au besoin de balancer mon corpus de lecture. Cette prise de conscience est facilitée par le fait de travailler dans une librairie féministe ce qui me permet, plus aisément, d’être capable d’effectuer une sélection beaucoup plus représentative des divers écrits contrairement à, par exemple, des critiques ou des prix littéraires. Cependant, même le fait d’être conscient·e de certaines réalités n’empêchent pas l’inscription de nos biais dans plusieurs sphères de notre vie comme le genre des personnes qu’on suit sur Twitter (ou les personnes qu’on re-gazouille) ou le type de livres qu’on prend (qui peut être influencé par une critique, une disposition et une disponibilité des livres écrits par les hommes).

Afin de prendre conscience de mes propres biais, que je remarque chez certains autres dans leur biographie presqu’exclusivement masculine, j’ai non seulement noté toutes mes lectures de l’année, mais leur ai aussi donné une note sur 5 (de 1 à 5, entièrement subjective, j’ai donné des notes de 1 à des ouvrages que d’autres pouvaient considérer digne de prix littéraires et il est probable que l’inverse soit possible!!!) afin de voir comment je jugeais la littérature de personnes que je lis en fonction de leur identité de genre, leur ethnicité ou leur orientation sexuelle. Je n’ai pas constitué cette base de donnée avant la fin-décembre (et après avoir choisi les livres que je lirais avant début janvier) afin qu’elle n’influence pas mes résultats, mais je savais que je ferais un tel exercice vers le mois de février/mars 2018. Je referais l’exercice l’année prochaine avec les mêmes conditions, mais ayant en main les résultats de cet année, il est fort à parier que cela influence mes lectures à l’avenir.

Deux perturbations importantes dans les données

Bien que je suis libraire dans une librairie féministe et que j’ai tendance à sur-privilégier les livres de femmes à ceux d’hommes pour rééquilibrer ma bibliothèque, mais aussi pour pouvoir parler des livres que je vends, j’ai toutefois fait partie d’un comité de sélection pour un prix littéraire ce qui m’a forcé à lire des livres lesquels je n’aurais jamais lus. Cela inclut évidemment beaucoup d’hommes. Plusieurs hommes, mais aussi plusieurs livres assez sexistes dans les personnes qu’ils citaient ce qui influençait souvent mon jugement à la négative (mais ce n’était jamais le seul facteur d’une note).
Je suis aussi très fan de Doctor Who, ce qui me pousse à acheter et écouter beaucoup de drames et livres audio produits par une compagnie anglaise (Big Finish Productions). Toutefois, malgré un plus grand nombre d’actrices que d’acteurs la vaste majorité du temps dans ces oeuvres, l’omniprésence d’écrivains derrières ces audios est consternante. Ma collection préférée (en terme de prix et d’accessibilité) ne comporte qu’une seule écrivaine sur 72 audios (note: je compte les 7 premières saisons avant le changement complet du format, après on compte une femme et 15 hommes pour quatre saisons). Je fais souvent attention à mes achats à cet égard, mais la BBC diffusant des épisodes gratuits au moins une fois par année (et les DCs étant un luxe pour le dollars canadien), je saute toujours sur l’occasion de les écouter gratuitement. Toutefois, plusieurs de ces épisodes audio écrits par des hommes ne m’ont pas tant intéressé· (je ne les ai pas choisi contrairement à ceux que j’achète) d’où aussi un petit effondrement de la note moyenne des hommes à cet égard.

Mon hypothèse de départ était que les hommes allaient probablement avoir une meilleure note moyenne que les femmes pour la seule et unique raison que si je lisais max. 2 hommes par mois (sur une quinze-vingtaine d’ouvrages par mois), j’allais certainement privilégier des ouvrages que je risquais d’aimer beaucoup plus que ceux des femmes, mais à cause de ces deux facteurs, la moyenne des hommes est beaucoup plus basse.

Le détail complet de mes lectures en 2018

Analyse des résultats

sur 213 ouvrages

J’analyserais les résultats colonne par colonne les résultats avant de livrer un comparatif de l’ensemble. Petite précision toutefois, j’ai tenté de chercher pour chaque auteur·es les différents critères de sélection, pour certains, je suis persuadé· de n’avoir fait aucune erreur (concernant le genre de l’auteur·e ou son statut de canadien·es ou d’étrangèr·es), mais l’appartenance à une minorité de sexualité, ethnique ou autochtone peut être légèrement sous-estimée.

Genre

La note moyenne des 213 ouvrages que j’ai notés (ça ne comprends pas les revues et beaucoup de livres pour enfants que je lisais au travail toutefois) est de 3,6, un peu plus haut qu’une moyenne parfaite (3) si j’avais vraiment lu des livres de toutes les qualités en proportions égales. Celles des hommes, 3,3, est légèrement plus « réaliste » à cet égard et reflète en effet bien les deux perturbateurs de données. J’ai donc évidemment lu beaucoup plus de femmes (on parlerait de 78,2% de femmes si on ôtait les collectifs et ouvrages mixtes) que d’hommes, probablement plus toutefois de ce que je pensais lire (de l’ordre de 1 H pour 4, 5 F), mais encore une fois, je peux pointer vers les perturbateurs.

Pour ce qui est des ouvrages collectifs et/ou mixtes, je ne semble pas en avoir lu beaucoup, à peine 20, et la note n’est pas si haute non plus, mais j’ai souvent tendance à ne pas pouvoir mettre des notes parfaites à des collectifs en raison souvent de la présence de textes moins parfaits (subjectivement) à d’autres, ce qui leur donne souvent une note moyenne selon mon jugement. À l’exception de Trigger Warnings: History, Theory, Context dirigé par Emily J.M. Knox et le collectif Rencontres radicales : pour des dialogues féministes décoloniaux qui obtiennent tous deux une note parfaite et la revue Mondes Secrets n°1 – Mars 1963 achetée uniquement pour la présence d’une nouvelle de Françoise d’Eaubonne (qui n’était pas non plus bonne), les notes sont vraiment plus dans la moyenne que dans les extrêmes contrairement aux textes de femmes et d’hommes qui comptent plus d’entrées dans les extrêmes.

Nationalité

J’ai été très surpris de voir que le corpus canadien ne comptait que pour 36,6% de mes lectures! La présence de Français·es et d’Américain·es dans les « classiques » que je lis à certainement joué là-dedans, mais je semble être plus porté naturellement vers des corpus étrangers malgré une très grande présence québécoise dans ma librairie. Mon appréciation de la littérature étrangère se reflète aussi beaucoup dans la note que je lui attribut qui est beaucoup plus positive (3,76) que celle des Canadien·es (3,32). La seule hypothèse que je peux émettre pour expliquer cette immense disparité en terme de jugement est que le corpus étranger étant tellement immense que les livres que je finis par me procurer sont généralement meilleurs, à mon avis, simplement parce que j’ai déjà effectué une présélection (influencée par la critique notamment). Mon corpus canadien étant souvent composé de nouveautés, je découvre souvent avant les autres la qualité d’un livre ce qui aura comme conséquence évidemment d’influencer la lecture que d’autres pourront avoir. C’est pour l’instant ma seule hypothèse, mais je pourrais certainement réfléchir à mon biais favorable à la littérature étrangère au cours de l’année.

Minorité d’identité de genre et d’orientation sexuelle

Pas trop de surprises à cet égard, je lis 13,15% d’ouvrages pouvant tomber dans cette catégorie (incluant, quand même, tout le spectre LGBPT2QIA*), un pourcentage légèrement plus élevé que celui de la population (évaluable très très grossièrement entre 5 et 12%). La note moyenne, de 4,1 m’a toutefois vraiment surpris· étant vraiment beaucoup plus haute que la moyenne et que tous les autres groupes analysés. J’avoue ne pas avoir trouvé d’explication à cet égard sinon un reflet de ma propre subjectivité et expérience. C’est un pourcentage de lecture très correct à mon avis puisque, comme précisé, je n’ai pas cherché activement les livres que je lisais cette année en fonction de mes paramètres d’analyse, mais j’aimerais viser à augmenter ce dernier un peu plus considérant mon métier.

Lorsque je sépare la nationalité dans mes résultats concernant ces minorités, il est intéressant de trouver que je lis moins d’auteur·es canadien·nes (11,54%) qu’étrangèr·es (14,07%), l’échantillon étant tellement bas toutefois qu’un seul de plus ou de moins fait remonter ou descendre les pourcentages rapidement.

Minorités ethniques et autochtones

Pour cette catégorie, considérant le grand nombre d’auteur·es étrangèr·es que j’ai lu (et qui pouvait alors fausser les données), je me suis donné une règle: ne rentre dans cette catégorie que les minorités ethniques et autochtones au sein du pays dans lequel ces auteur·es vivent en ce moment (excluant les résidences d’auteur·es évidemment). Ainsi, une écrivaine japonaise (d’origine japonaise) ne rentrera pas dans cette catégorie (ex: Moto Hagio), mais une immigrante nigériane noire aux États-Unis le sera (ex: Nnedi Okorafor). Cette catégorie étant assez complexe, j’ai tenté de me baser, toujours, sur les informations biographiques de l’auteur·e. Ainsi, une personne née dans un pays dont les parents sont immigrants, mais qui n’a jamais mentionné appartenir à une telle minorité dans un pays n’apparaîtra pas.

Je constate qu’il s’agit probablement du plus grand biais dans mes lectures: je n’ai lu que 16,43% de personnes issues de ces groupes bien que je semble apprécier leurs ouvrages un peu plus que la moyenne. Il est impossible de calculer le pourcentage de « minorités ethniques et autochtones » dans le monde vu qu’il change drastiquement d’un pays à l’autre et qu’au final, il mesure des personnes différentes dans chaque pays, j’ai donc raffiné mes recherches en séparant les minorités canadiennes des étrangères. Le pourcentage s’améliore un peu donc pour ce qui est des minorités au Canada (on passe à 17,95%), mais on est encore plus ou loin du pourcentage réel dans la population canadienne: on compte 20,3% de « minorité visible » à Montréal, 1 personne sur 5, 11% au Québec et 19,1% au Canada (source). Aux États-Unis, ce chiffre monte à 27,6%. Je vais donc beaucoup plus activement rechercher les ouvrages issus de cette communauté en 2019 ayant failli sur ce point.

Intersection de minorités?

J’ai seulement lu quatre livres qui pouvaient être qualifiés simultanément dans les deux catégories précédentes: Living a Feminist Life de Sara Ahmed, La prochaine fois, le feu de James Baldwin, We’re Still Here: An All-Trans Comics Anthology (un collectif dont une partie seulement qualifiée à ce titre, mais quand même une bonne partie donc il est inclut) et La femme que je suis devenue d’Aimée Munezero. Ces quatre livres forment 1,88% de mes lectures de 2018, un pourcentage qui tomberait dans le 1-2% de la population qui qualifierait à cet égard, mais clairement très insuffisant pour une personne qui s’intéresserait à l’intersection des luttes. Ce sera un autre critère de sélection pour l’an prochain.

Qu’est-ce que je retire de l’expérience?

Outre la remarque que j’ai encore des biais dans mes lectures, je peux remarquer que si je ne cherche pas activement, encore plus que je ne le fait en ce moment, des livres issues de telles ou telle communauté ou de tel groupe marginalisé, ces livres ne s’imposeront, malheureusement, pas à moi tous seuls. Et ce, même si je travaille dans une librairie féministe, même si nous avons des sections spécialisées dans de tels enjeux et même si je suis très sensible à ces questions.

Ce n’est pas un constat « dramatique », je réussi probablement à avoir une moyenne beaucoup plus élevée que la majorité des gens (je ne dispose toutefois pas de statistiques pour comparer), mais force est d’admettre que je peux non seulement faire mieux, mais qu’en plus, c’est un effort que je dois doubler pour simplement balancer le fait que, tout au long de ma vie (et surtout dans ma vie universitaire), j’ai lu en très très vaste majorité des hommes blancs hétéro (et cis). Je n’ai pas encore analysé le contenu de ma bibliothèque (c’est un travail encore plus long que de le faire pour une année), mais peut-être suis-je proche d’une parité en terme de genre, mais je ne suis clairement pas proche de l’être pour tous les autres angles.

Bref, il faut que je recherche activement certains ouvrages pour l’année prochaine, je vais encore ne rien noter dans mon tableau avant la fin-décembre, ne connaissant seulement ce que je dois rechercher, pour voir si j’arrive à m’améliorer, mais si l’année prochaine ça n’atteint pas les pourcentages requis, je vais devoir commencer à effectuer le travail à mon quotidien.

J’encourage, en attendant, à voir vous-même la composition de vos lectures. Je vous partage même ma base de données pour que tous les calculs se fasse automatiquement de votre côté. Entre l’entrée de données et la recherche pour savoir si vos auteur·es se qualifient ou non dans telle ou telle catégorie prend toutefois beaucoup de temps (à 200 livres, j’ai probablement mis quelques heures, mais je compte la création de la base de données et la réflexion sur les critères à analyser dedans).

Je vous souhaite de bonnes lectures diversifiées pour 2019!

Calculer l’absence de marginalités

Dans la prolifération des dénonciations, à juste titre, des all male panel (conférences composées uniquement d’hommes), regroupements de politiciens mâles et/ou blanc·hes seulement, etc. des commentaires sur la probabilité de telles occurrences ne cessent de se voir dans le paysage des commentaires sous les publications. Les pages qui dénoncent cet élitisme, ce sexisme ou ce racisme comme le Tumblr allmalepanel, les pages Facebook Décider entre hommes ou Décider entre blancs, etc. sont nombreuses et justifiées, mais qu’en est-il réellement au niveau statistique?

Outre le fait que ces commentaires semblent estimer que les femmes sont minoritaires dans la population, parce qu’on ne les voyait pas traditionnellement et que leur simple présence semble annoncer une invasion pour plusieurs commentateurs (et commentatrices). Pourtant, au Canada, les femmes constituent 50,4% de la population. Dans le monde, le pourcentage de femmes dans la population baisse légèrement (passant de plus de 50% en 1960 à 49,55% en 2016) [un chiffre notamment influencé par certains pays aux populations très nombreuses et à la faible proportion de femmes], mais reste très proche du 50%. Bref, l’invisibilité des femmes semblerait totalement improbable dans des conditions idéales d’opportunité des chances puisqu’elle constitue dans les faits et statistiques la moitié de l’humanité.

Ce ne sont pas que les femmes qui sont absentes des conférences, groupes politiques, du corps professoral, de certains emplois ou de l’espace public en général. Les populations racisées le sont aussi. Le terme souvent employé de « minorité visible » contribue certainement à cette absence d’attente dans la population. Dans les faits, il s’agit quand même d’une importante partie de la population. Par exemple, dans les sociétés autour desquelles je gravite, on compte 20,3% de « minorité visible » à Montréal, 1 personne sur 5, 11% au Québec et 19,1% au Canada (source). Aux États-Unis, ce chiffre monte à 27,6%. Leur absence dans une conférence d’une dizaine de personne devrait donc être une source de questionnement pour l’organisation d’une telle conférence.

Cependant, la question de « C’est juste une coïncidence, un hasard » ou « C’est quand même probable au nombre de conférences qu’il y a » revient constamment et en effet, c’est possible, improbable souvent, mais définitivement possible. J’ai donc décidé de créer un outil qui permettrait d’effectuer ce calcul et de montrer à quel point l’argument est fallacieux en montrant que les probabilités d’un tel événement sont tellement improbables qu’il s’agit manifestement de mauvaise foi (ou de politique identitaire blanche), de discrimination à l’embauche, de sexisme, de racisme, etc. de la part d’organisations, employeur·es, politicien·nes, etc.

Prenons simplement un exemple pour les départements de philosophie au Québec qui comptent 25% de femmes professeures à l’université, 28% au cégep (source), à l’université de Montréal, ça se traduit par 8 femmes sur 31 professeur·es (26%) (source, page consultée le 20 juillet 2017), un chiffre vraiment minuscule.

Aperçu du calculateur

Le calculateur

Un deuxième exemple: les formations politiques québécoises sont aussi aberrantes, le PLQ, le parti politique au pouvoir au moment de l’écriture du billet avait présenté 35 femmes à la dernière élection, soit 28% de toutes les candidatures; la CAQ fait encore plus piètre figure avec 27 candidatures (21,6%), seul QS avait présenté une égalité de candidats et candidates [le PQ avait 36,8% de candidature féminine] (source).

Avec l’outil créé, nous pouvons voir que les chances que cela se produise dans une société idéale sont quasi-impossible. Résultats : les probabilité pour que ça arrive pour le PLQ sont d’environ 0,000029%, la CAQ 3,31×10-9 % (8 zéros après la virgule!), pour le PQ c’est de 1,51%. Par comparaison, pour qu’un parti ait une représentation paritaire comme QS, la chance est de 50,02%.

Dans le cas du département de philosophie de l’UdeM, la probabilité d’avoir 8 femmes ou moins est de 4,7% (environ 1 chance sur 20). C’est en effet probable, mais le fait que toutes les universités du Québec accuse le même chiffre montre bien que la cause de l’absence de femmes n’est pas de cause probabiliste, mais bien ailleurs. Si les autres universités accusaient une présence paritaire de femmes et d’hommes ou même beaucoup plus de femmes dans certains départements, là, il serait en effet probable (pas certain, probable) qu’une anomalie statistique se soit causé, mais encore une fois, de l’ordre d’une chance sur 20.

Un dernier exemple sur l’impossibilité de certaines scènes avant de parler de l’outil en lui-même: la photo où Donald Trump est réuni avec des dirigeants républicains (le masculin est utilisé intentionnellement ici) pour célébrer la Chambre d’adopter un projet de loi visant à abroger et à remplacer l’Obamacare.

Cette photo qui a causé, avec raison, l’outrage un peu partout à travers les États-Unis et à l’international ne fait figurer que des hommes blancs (52 en tout) (et quelques femmes blanches qui n’était pas présentes sur la photo tronquée qui a plus largement circulé), mais les probabilité d’une telle chose dépasse l’entendement. Du côté des femmes (4), la probabilité est de 3,74×10^10% (8 zéros après la virgule). Du côté des personnes racisées, la probabilité est de 8,85×10^18% (16 zéros après la virgule). Bref, on peut conclure sans problème qu’il s’agit d’un parfaite exemplification des conséquences de politiques identitaires blanches, de telles probabilités sont pour ainsi dire tellement improbables qu’elles pourraient être aussi bien impossibles.

Comment fonctionne le calculateur et comment l’utiliser?

Le calculateur utilise une formule mathématique: P(k parmi n)=(n! / (k!(n-k)!))(pk)(qn-k) qui calcule (pour utiliser des mots savants) les probabilités exactes binomiales d’un événement k parmi n. Ce que ça veut dire, c’est que le calcul détermine quelle est la chance que la valeur k se produise dans n. En remplaçant les valeurs k et n par un chiffre, on détermine quelles sont les chances qu’une situation se produise réellement.

Il existe deux réponses dans mon calculateur : la première détermine quelles sont les probabilités qu’exactement k arrive sur n. Par exemple, quelle est la chance qu’exactement 10 conférencières soient présentes dans une conférence de 20 personnes. La valeur obtenu de ce calcul ne nous intéresse pas vraiment puisque la probabilité ne nous donne pas vraiment d’indications intéressantes pour une question de représentation. C’est pour ça qu’il y a une deuxième réponse juste en dessous qui nous offre une vraie probabilité intéressante.

La seconde réponse nous donne la probabilité que 10 conférencières ou moins soient présentes dans une conférence de 20 personnes, c’est à dire qu’il va additionner toutes les probabilité de 0 à 10 conférencières présentes à l’événement pour donner une estimation finale plus précise. Pour finir l’exemple, la probabilité dans ce cas très précis tournera autour de 50% puisque, grossièrement, la répartition homme/femme est sensiblement la même dans la population et que la moitié du panel serait au moins constitué de femmes. En bas de 10, les probabilité diminuent, en haut, elles augmentent (jusqu’à 100% lorsqu’on pose la question de quelle est la probabilité que 20 conférencières ou moins soient présentes). Sans être un excellent indicateur, il donne tout de même une bonne idée des probabilités d’un tel événement lorsque k est plus faible. Au moment où k est la moitié de n dans notre exemple, nous ne voyons pas trop la pertinence d’un tel outil puisque la parité est atteinte.

Dans un autre exemple avec une population marginalisée beaucoup plus minoritaire, le k devient de moins en moins pertinent au fur et à mesure qu’il atteint le ratio de base de sa présence dans la population. Par exemple, dans une proportion de personnes racisées de 0,11 (au Québec), le fait d’avoir 11 personnes racisées dans un événement de 100 personnes pourrait être correct (sa probabilité est de 57,9%) et le calcul ne serait pas trop nécessaire dans ce cas. Mais si on se donnait l’exemple du défilé de la Saint-Jean en 2016 et qu’on observait qu’il y avait 50 chanteurs et chanteuses, la probabilité qu’il n’y ait aucune personnes racisées n’est que de 0,3% (en fait, ça devrait même être de 0,001% puisqu’à Montréal, la proportion de personnes racisées est de 20,3%); bref, on constate bien un problème statistiquement.

Pourquoi je n’utiliserais pas ce calculateur?

Malgré le temps mis à créer cet outil et l’usage pertinent qu’on peut en faire, je ne l’utiliserais probablement jamais. Pourquoi? Ce n’est pas un outil objectif, il ne fait que calculer la probabilité qu’un tel événement survienne: il ne donne aucune information sur le sexisme, racisme, anti-capacitisme, etc. d’un groupe ni sur ses causes. Il mesure les conséquences de dynamiques et structures sans tenir compte des causes ou en proposant une ou des solutions adéquates (il ne suffit pas de constater : « ah!, il me manque une personne homosexuelle, allons donc en solliciter une » qui reviendrait à simplement faire du tokenisme et n’adresse nullement le problème initial qu’il soit structurel, volontaire ou autre).

Plusieurs solutions bien connues existent déjà pour adresser les inégalités, des CVs anonymes à la discrimination positive, et ne sont tout simplement pas mises en place parfois. D’autres, comme pour des soumissions de communications de colloques et de conférences, pourraient grandement s’inspirer des soumissions anonymes. Semblablement pour les prix littéraires encore trop souvent attribués aux hommes, les prix de nouvelles, récits, poésie, etc. dont les soumissions sont anonymes obtiennent des résultats favorisant beaucoup plus les femmes que les prix non anonymes qui favorisent les récipiendaires masculins.

Une simple sensibilité, prise de conscience, radicale à la question est aussi de mise. Alors que le Québec s’insurge (avec raison) contre l’absence de chanson en français dans une compilation de 6 DC pour le 150e anniversaire du Canada, on semble complètement mettre de côté l’absence de chanson dans une langue autochtone (tandis que quelques semaines plus tôt, on trouvait normal de voir une tonne de personnes blanches chanter pendant que des personnes noires poussaient un chariot ; outre la question de l’évocation de l’esclavage, reste qu’il est encore une fois très improbable/impossible que seules des personnes blanches se retrouvent en train de chanter).

La question de quelle probabilité obtenir pour être dans la marge acceptable est aussi une question sans réponse véritable. Je pourrais très bien dire complètement arbitrairement qu’à partir de 40% c’est acceptable, mais ça reste un jugement éthique sans fondement quelconque. Pour certaine personne, une probabilité en bas de 45% serait inacceptable, pour d’autre, nous n’aurions pas atteint la parité tant et aussi longtemps que les chances ne sont pas d’un moins 50%. Enfin, pour des événements récurrents nombreux et réguliers, abaisser les pourcentage à 25% pourrait se justifier puisque certains événements dépasseraient le 75% tandis que d’autres se situeraient autour du 50%.

Aussi, la non-mixité entre personnes marginalisées est aussi très importante (partage et mises en commun d’expériences et de savoir dans un espace plus sécuritaire que d’autres où cette expérience est complètement dévalorisées et moquées) et ainsi calculer la probabilité d’un nombre d’hommes dans un événement non-mixte de femmes s’avère absolument inutile et contre-productif.

Finalement, mon outil pourrait s’avérer un peu inutile à beaucoup d’endroits où on ne connaît pas la proportion de personnes marginalisées sur la population étudiée. Par exemple, pour vraiment savoir si les étudiantes sont absentes d’un colloque étudiant sur la géographie, il faudrait pouvoir connaître la proportion d’étudiantes en géographie et non la proportion de femmes à Montréal, au Québec ou dans le monde. Si cette dernière s’avérait être minuscule, hypothétiquement de 1%, notre calcul serait un peu inutile bien honnêtement, peu importe le chiffre qui sort, il y a un problème à régler en amont avant d’adresser spécifiquement le cas du colloque (bien qu’il pourrait aussi être adresser dans un contexte de discrimination positive, mais ce n’est pas le sujet de mon billet).

Dans quelques rares cas aussi, il serait possible d’utiliser cet outil pour justifier l’absence d’un groupe marginalisé en ne ramenant la chose qu’à une question de probabilité tout en évitant d’aller chercher des contributions de ces personnes et ne partageant l’événement qu’à travers nos groupes affinitaires.

Bref, il s’agit d’un outil intéressant, mais qui n’offre vraiment rien de plus qu’un constat mathématique qui se fait de toute manière à l’œil pour qui aura développé cette sensibilité. L’analyse de ratio d’une population marginalisée dans la population globale et du ratio dans un sous-groupe reste un outil beaucoup plus simple, accessible, évocateur et moins trompeur pour analyser des dynamiques oppressives dans un environnement précis.

Répartition hommes/femmes du Prix des libraires du Québec

À la suite de l’annonce des nominations du festival international de BD d’Angoulême, il a été possible de reconnaître, encore une fois, que les femmes subissent d’importantes discriminations quant à l’octroi de prix prestigieux. Un récent article du Monde montre bien que cette inégalité ne touche pas que les prix de BD, mais bien tous les domaines artistiques.
Bien que la discrimination semble être la norme, il est possible, parfois, d’y échapper. D’autres fois non. Avec le dévoilement du prix des libraires qui s’en vient, pourquoi ne pas jeter un coup d’œil à ce prix?

Le Prix des libraires du Québec
Le Prix des libraires du Québec est décerné depuis 1994 à des romans québécois et romans hors-Québec. Depuis 2011, on y a ajouté la catégorie jeunesse aussi séparée en Québec et hors-Québec, mais aussi sous-séparé en groupe d’âge (0-5; 6-11; 12-17 ans). Finalement, depuis l’année dernière, un prix de poésie, au Québec seulement, est aussi décerné.

Les prix du librairie, catégorie Poésie
Considérant que le prix de poésie (décerné à un homme l’année dernière) est beaucoup trop récent pour vraiment pouvoir en tirer des conclusions (bien que les préliminaires avec 7 hommes et 1 femme restent très parlantes dans un genre qui récompense démesurément les hommes [nous y reviendrons, on l’espère, dans un autre billet]), nous ne nous attarderons pas à ce dernier cette année.

Les prix du librairie, catégorie Jeunesse
Répartition des prix jeunesse

Bien que les hommes tendent à gagner beaucoup plus souvent les prix jeunesse (13 hommes, 6 femmes, 5 collectifs mixte; toutes catégories confondues; bref, plus de 54% des prix), les finalistes sont plus uniformément répartis (24 hommes, 32 femmes, 16 collectifs mixte; les femmes constituent ici 44,4% des finalistes). On voit cependant que les hommes ont plus tendance à gagner les prix malgré une proportion plus faible dans la liste des finalistes. Quatre années (24 prix) restent bien faibles cependant pour en tirer une conclusion définitive, malgré l’observation d’une certaine discrimination dans les prix: il n’en pas normal que les hommes gagnent plus souvent que les femmes et les collectifs mixtes mis ensemble.

Note sur la méthodologie: Les collectifs d’hommes et de femmes non-mixtes ont été considérés comme 1 homme ou 1 femme à des fins de simplification et peuvent donc venir fausser les donner. Répartir les données en 5 catégories plutôt que 3 ne nous a cependant pas sembler important, possiblement à tort, pour l’évaluation de prix en fonction du genre.

Les prix du librairie, catégorie Roman
Répartition des prix catégorie Roman

Avec 44 prix distribués depuis 1994, nous pensons que la catégorie du roman est plus parlante en ce qui à trait à une possible discrimination. Nous n’avons pas été surpris de voir que les hommes remportaient plus souvent le prix que les femmes entre 68 et 72% des fois, ce qui est quand même plus du 2/3 des fois… Ces victoires se remportent alors que les finalistes sont relativement bien répartis au Québec: 55% des hommes sont finalistes. Hors-Québec, c’est un tout autre problème, 73,3% des hommes sont finalistes ce qui s’accordent parfaitement avec le pourcentage de victoire des hommes (72,7%). Bref, pour le prix au Québec, les hommes gagnent plus souvent malgré une liste de finalistes relativement égale (bien qu’elle avantage les hommes, et ce n’est pas une surprise…, ça reste pourtant dans la brochette d’un +/- 5% que je considère acceptable); bref, il y a un certain favoritisme des auteurs hommes dans l’octroi du prix. Quant au prix à l’étranger, malgré une très très forte préférence pour les hommes, l’octroi du prix ne fait que suivre le pourcentage de représentation des hommes dans la liste des finalistes.

Alors qu’on peut penser que l’égalité va en grandissant au fil des années (ce qui est une vision téléologique de l’histoire et non une vérité à prendre pour acquise), l’attribution du prix ne nous présente pas ce phénomène, bien au contraire. Non seulement les hommes sont plus souvent finalistes (62% au Québec, 74% hors-Québec), mais ils gagnent presque tous les prix de manière démesurée au Québec (9 prix sur 10 sont décernés à des hommes), et quand même encore une fois suivant la logique des finalistes pour les prix hors-Québec (8 prix sur 10 décernés à des hommes). Il faut remonter à l’an 2009, avec le prix remis à Catherine Mavrikakis pour voir une femme remporter le prix du roman au Québec…

Observations supplémentaires:
– Seules 4 années (2004, 2000, 1999 et 1994) ont eu deux femmes gagnantes, alors que 13 années ont eu deux hommes gagnants et 5 années furent paritaires.
– Jamais 5 femmes ne furent finalistes dans une même catégorie la même année bien que 5 hommes le furent à 6 reprises.

Bref, on peut conclure à une discrimination marquée dans l’octroi du prix des libraires dans la catégorie roman et il y a lieu de s’alarmer que la tendance s’est accrue dans les dix dernières années.

Brève conclusion
De manière générale, et ce, toutes catégories confondues, les hommes dominent largement l’octroi des prix du libraire au-delà de l’acceptable (moins du tiers des prix sont décernés uniquement aux femmes). Cette tendance est d’autant plus remarquable dans la remise de prix plus rares/prestigieux (roman, poésie) aux hommes qui semble s’accroître avec le temps malgré un certain âge d’or égalitaire dans les débuts de l’attribution du prix. Simplement pour le plaisir, j’ai regardé les statistiques des dix premières années de la catégorie roman (à l’exception de 1994 pour laquelle la liste des finalistes n’est pas disponible) et le résultat est intéressant:
10 prem
Dans les romans hors-Québec, la tendance reste au 70-72%, mais il y a, dans les romans québécois, autant d’hommes que de femmes finalistes et gagnant·es! Donc, non, il n’est pas impossible du tout d’avoir une remise plutôt égalitaire des prix.

Accès aux bases de données
Les bases de données que j’ai montées pour effectuer cette recherche sont disponibles pour consultation, vérification, diffusion, reproduction et pour d’autres recherches si vous voulez (merci de toujours en citer la provenance). Elles seront augmentées au fil des années. La source des informations provient directement de l’historique disponible sur le site web du prix des libraires.
Base de données catégorie Roman
Base de données catégorie Jeunesse
Base de données catégorie Poésie

La place des femmes dans la Pléiade

La base de données que j’ai montée pour effectuer cette recherche est disponible pour consultation, vérification, diffusion, reproduction et pour d’autres recherches si vous voulez (mais merci de me citer comme auteur·).

Nous sommes loin de la parité, il est vrai ; mais force est de constater que l’histoire littéraire elle-même s’écrit au masculin jusqu’au milieu du XXe siècle ; et il n’est pas à la portée de la collection, si bienveillante soit-elle, de la corriger.
La Pléiade, 28 avril 2014.

Voici comment une nouvelle sur le site Internet de la Pléiade nous explique (ou mecsplique) l’absence des femmes dans la collection et tente de se justifier d’en avoir publiées qu’une dizaine depuis sa fondation. Notre but ici n’est pas de proposer des femmes que la Pléiade pourrait ajouter à son corpus (plein d’autres initiatives le font déjà, les exemples affluent), mais plutôt de démontrer, chiffres à l’appui que la Pléiade ne fait aucun effort tangible pour les inclure, et ce, même dans les dernières années.

Pour ce faire, nous avons recensé tous les ouvrages de la collection et séparés ceux-ci selon le nombre d’auteur·es soit un·e ou plusieurs auteur·es (deux auteur·es dans un même ouvrage conduisent à le mettre dans les collectifs, ex: Plaute, Térence). Puis nous avons redivisé les ouvrages selon le sexe de l’auteur·e ou mis anonyme s’il y a un doute sur l’identité de l’auteur·e. Pour les collectifs, nous avons aussi ajouté une catégorie « mixte » où on met un livre qui compte au moins une femme (même si il y a 20 H et 1 F, ça reste un ouvrage mixte). Nous avons aussi répertorié trois zones temporelles de publication (avant 2000, entre 2000 et 2009, 2010 et plus) pour connaître l’évolution de la publication des femmes dans la Pléiade. Ces choix sont totalement arbitraires mais permettent de savoir si, après les années 2000, il y a eu une évolution dans la publication des auteures femmes.

Voici donc les résultats pour les ouvrages individuels:
9 femmes sont publiées dans la collection: Marguerite Yourcenar, Virginia Woolf, Madame de Sévigné, Nathalie Sarraute, George Sand, Madame de Lafayette, Marguerite Duras, Colette et Jane Austen.
Sur 214 auteur·es (199 H, 9 F, 6 A).
Bref, 4,2% des auteur·es publié·es sont des femmes.

Ce chiffre diminue lorsqu’on regarde le nombre d’ouvrage total publié.
Sur 546 livres, 21 le sont par des femmes (soit 3,8%).

Pléiade graphiques

Répartition selon le sexe des auteur·es et du nombre d’ouvrages publiés

Y a-t-il une amélioration depuis l’an 2000?
Avant l’an 2000, 2,8% des ouvrages étaient par des femmes. Entre 2000 et 2009 inclus, 3,1% le sont. À partir de 2010, on tombe à 11,5% ce qui reste vraiment minuscule.

Au niveau des auteures publiées: <2000: 4 femmes ; 2000-2010[: 2 femmes ; 2010-aujourd’hui: 3 femmes. Bref, malgré un plus grand nombre d’ouvrages de femmes publiés, on n’édite pas vraiment plus d’auteures (mais il reste encore 4 ans pour augmenter ce chiffre et donner une meilleure idée comparative).

Les collectifs sont à peine plus réjouissants:
Sur 53 collectifs, 28 (plus de la moitié!) sont uniquement des collectifs d’hommes. 1 seul est un collectif de femmes (les sœurs Brontë), 14 d’entres-eux sont des collectifs mixtes (avec au moins une femme) et nous n’avons pas pu savoir pour 10 d’entres-eux.
Bref, alors que 52,8% des collectifs sont uniquement composés d’auteurs, seul 1,9% sont composées d’auteures et 45,2% pourraient inclure au moins une femme (26,4% certains, le reste, je crains fort qu’il ne le soit pas).

La répartition au niveau des années n’est pas tellement meilleure, le collectif de femmes est publié en 2008. Et pour ceux publiés après 2010 (il y en a 4), 2 sont uniquement masculin, 2 mixtes (qui, vérification faite, ont chacun une femme seulement).

Méthodologie et informations supplémentaires:
– J’ai construit la base de données en utilisant les données disponible sur le site web de la Pléiade en faisant des recherches par auteur·e.
– Pour chaque ouvrage collectif, j’ai cherché chaque auteur·e individuellement pour savoir si c’était une femme ou un homme. Au moindre doute, je le mettais dans la catégorie indéterminé. Notez que je me fiais à la figure de l’auteur·e tel qu’elle ou il se présente. Si, par exemple, Louise Labé était un homme, je ne la mettrais pas dans la catégorie homme, mais dans celle des femmes. La seule exception à cette règle est George Sand que j’ai classé dans les femmes.
– Il est à noter que les collectifs mixtes sont des collectifs dont AU MOINS une auteure est une femme. Plusieurs comptent des dizaines d’hommes et une femme, ils sont quand même dans les collectifs mixtes. (Exemple) Pourquoi? Afin de montrer que même en ayant au moins une femme dans les mixte les résultats finaux des collectifs dépeignaient une triste réalité, mais plus positive que si j’avais comptabilisé individuellement chaque auteur·e des collectifs. C’est une manière pour moi de donner le bénéfice du doute à la collection qui encouragerait la lecture de femmes de la sorte (bien que je n’en crois rien personnellement, mais ça, c’est une opinion et non un fait).
– Si il existe une nouvelle édition, l’ancienne ne compte pas dans le calcul des ouvrages publiés de l’auteur·e. Ceci dit, une seule femme fut rééditée (il s’agit de trois ouvrages des correspondances de Madame de Sévigné). Effectuer un tel calcul a pour conséquence d’augmenter la présence des hommes dans le nombre d’ouvrages publiés. Je ne l’ai pas fait puisque je crois que des rééditions sont régulièrement nécessaires et que la présence tardive des femmes dans la collection (la première en 1970 avec George Sand) fait en sorte que la collection n’a pas eu l’occasion de pouvoir rééditer celles-ci.
– Cette recherche fut effectuée sans financement de la part d’organisme et de manière bénévole. Les données sont disponibles à la consultation, vérification, diffusion, reproduction et pour d’autres recherches. Ce serait cool de citer convenablement cette recherche pour les trois derniers points.

Les commentaires et suggestions, de même que toute erreur rapportée sont appréciés. L’article peut donc changer en conséquence de rétroaction (j’aurais oublié une femme dans un collectif, quelqu’un me précise le sexe des auteur·es dans les collectifs indéterminés, etc.). Prière donc de jeter un coup d’œil à la date de la dernière mise à jour si vous constatez des différences de lecture. Une réédition de cet article devrait avoir lieu en 2020 (puis 2030, etc.) afin d’avoir une meilleure idée comparative des périodes.

Dernière mise à jour: 5 septembre 2015.